Principales données biographiques de paul sérusier (1864-1927)

Par René Le Bihan

Paul Sérusier : de 1864 à 1899

1864 9 novembre à Paris, au n°68 du boulevard de Strasbourg, naît Louis-Paul Sérusier, fils aîné de François, parfumeur et de Clémence, née Bodin.

1873 Entre à l’école Fénelon ; habite chez ses parents au n° 19 rue du Faubourg Saint-honoré, sur la propriété de la société des parfums Houbigant que dirige son père

1876-1883 Études brillantes, de la 5° à la terminale, au lycée Condorcet : baccalauréat de philosophie en juin 1882 et de mathématiques en juin 1883 ; M. Denis et les frères Natanson comptent parmi ses condisciples ;

1883-1884 Service militaire à Châlons-sur-Marne

1885 S’inscrit à l’académie Julian, faubourg Saint-Denis, en dépit des réserves paternelles

1888 Élu massier de l’atelier Bouguereau à l’académie Julian ; présente et expose au Salon un Atelier de tisserand breton pour lequel une mention le récompense ;

L’été, séjour en famille à Concarneau puis à Pont-Aven où il rencontre Émile Bernard et Paul Gauguin. Celui-ci lui délivre, en octobre, une leçon de peinture en plein air, sur la rive de l’Aven. Audacieusement, le jeune homme transpose sur un petit panneau le paysage du Bois d’amour ;

Rentré à Paris, le peintre montre à l’académie Julian cette étude de facture si insolite. Autour d’elle, quelques élèves se rassemblent. Ce sont les futurs Nabis, c’est-à-dire Maurice Denis, Pierre Bonnard, Henri-Gabriel Ibels, Paul Ranson ; pour eux, la vue sur l’Aven devient un Talisman

1889 Ce groupe se renforce après la visite de l’Exposition universelle de Paris et la découverte des œuvres novatrices réunies au café Volpini ;

En juillet, P. Sérusier se rend à Pont-Aven pour travailler auprès de P. Gauguin ; en octobre, ils se déplacent en quête de calme vers Le Pouldu, en compagnie du Hollandais Meijer de Haan, et prennent pension à l’auberge de Marie Henry

1890 À Paris, P. Sérusier participe chaque samedi aux réunions animées des Nabis au “temple”, c’est-à-dire dans l’atelier de P. Ranson, boulevard du Montparnasse ; il y est “le Nabi à la barbe rutilante”

Il passe l’été au Pouldu où il retrouve P. Gauguin, Meijer de Haan et Ch. Filiger

1891 Il assiste à Paris, le 23 mars, au banquet d’adieu offert à P. Gauguin avant son départ attendu pour les mers du Sud et Tahiti puis l’accompagne à la gare de Lyon le 4 avril ;

En avril, se rend à Pont-Aven en compagnie du Hollandais Jan Verkade et du Danois Mogens Ballin puis séjourne l’été au Huelgoat avec Ballin, Verkade, Rasetti et son frère cadet, Henry, le futur acteur ;

À Paris, participe en novembre, par deux tableaux, à la première exposition Peintres impressionnistes et symbolistes de la galerie Le Barc de Boutteville

1892 Montre chaque fois deux tableaux à la galerie parisienne Le Barc de Boutteville, lors des deuxième et troisième expositions Impressionnistes et Symbolistes, en janvier et en août ;

Épris de théâtre, s’active aux décors et aux programmes des pièces montées au Théâtre de l’Art et au Théâtre de l’Œuvre qu’anime Aurélien Lugné-Poe ; pour un théâtre de marionnettes, conçoit et réalise le décor de la pièce de Maurice Maeterlinck “Les sept princesses” que les Nabis interprètent le dimanche des Rameaux, chez le couple G. Coulon, rue de la Faisanderie, Paris XVI° ;

Passe l’été à Pont-Aven puis au Huelgoat où sa mère décède subitement le 18 juillet

1893 Expose aux quatrième et cinquième expositions Impressionnistes et Symbolistes en janvier et Octobre-Novembre, à la galerie Le Barc de Boutteville ;

Décore à Versailles en février l’atelier du sculpteur nabi Georges Lacombe et à Paris celui de la journaliste et actrice polonaise Gabriela Zapolska avec qui il se lie très intimement ;

Voyage en Italie où il visite J. Verkade et M. Ballin puis rencontre à Florence Ed. Schuré et É. Bernard ;

Passe l’été en Bretagne, avec Gabriela Zapolska – au Huelgoat, à Châteauneuf-du-Faou et au Pouldu

1894 À Paris, il retrouve P. Gauguin, rentré de Tahiti et fréquente son atelier, rue Vercingétorix à Montparnasse ;

Loue l’ancien atelier de G. Seurat, boulevard de Clichy, et y prépare des cartons de vitraux sur une demande du marchand Samuel Bing ;

Participe, en mars et décembre, au sixième et huitième expositions Impressionnistes et Symbolistes, galerie Le Barc de Boutteville puis, en mai, à l’exposition des Nabis, préparée en mai dans les locaux parisiens de La Dépêche de Toulouse ;

Passe l’été à Châteauneuf-du-Faou, en compagnie de Gabriela Zapolska

1895 Participe, en avril-mai, par quatre tableaux au XI° salon des Indépendants et au même moment à la neuvième exposition chez Le Barc de Boutteville ;

En été, accompagne Maurice Denis en Italie et, à bicyclette, visite avec lui l’Ombrie et la Toscane puis séjour à Châteauneuf-du-Faou

1896 Expose en janvier à la dixième exposition chez Le Barc de Boutteville et dans l’hôtel particulier de Samuel Bing ;

Voyage à Prague, d’avril à juin, pour y revoir Jan Verkade, désormais moine bénédictin sous le nom de dom Willibrord ;

Séjour à Châteauneuf-du-Faou ; Réalise avec P. Bonnard les décors de la pièce d’Alfred Jarry, ”Ubu Roi”, donnée le 10 décembre à la Maison de l’Œuvre à Paris

1897 Par dix œuvres, participe en avril à l’exposition des Nabis à la galerie A. Vollard, rue Laffitte

1898 Nouvelle exposition des Nabis chez Ambroise Vollard en avril ;

Visite en juin J. Verkade à l’abbaye de Beuron en Bavière et y rencontre le père Desiderius Lenz qui l’initie au calcul des “saintes mesures” et au choix des proportions géométriques. P. Sérusier approche et adopte une concentration, un hiératisme, un style proche de l’Égypte ancienne ;

Il décore la salle à manger de Georges Lacombe, à l’Ermitage, la propriété du sculpteur voisine d’Alençon

1899 Séjourne à Beuron auprès de Jan Verkade ;

Participe par sept tableaux à une exposition chez Durand-Ruel en mars ;

Réside désormais à Neuilly-sur-Seine, au n°45 avenue de Neuilly

Paul Sérusier : de 1900 à 1950

1900 Retrouve les Nabis pour une exposition de groupe et montre six œuvres à la galerie Bernheim-Jeune, rue Laffitte ;

Pour la première fois, montre son travail à Châteauneuf-du-Faou durant l’été

1901 Expose à Bruxelles en mars, au salon de la Libre Esthétique, et à Paris en avril-mai, au XVII° salon des Indépendants

1902 Traverse une profonde dépression morale

1903 En mars, accompagne M. Denis pour visiter Verkade à Beuron ;

En mars-avril, P. Sérusier expose au XIX° salon des Indépendants, il y est nommé membre du comité et suppléant à la commission de placement puis il rejoint les Nabis, à la galerie Druet en novembre-décembre

Durant l’été, vit à Châteauneuf-du-Faou où il recueille et soutient Armand Seguin qui y décède en fin d’année ;

1904 Dès la mi-janvier, nouveau voyage en Italie avec Maurice Denis et séjour à Monte-Cassino, où J. Verkade et D. Lenz ornent une chapelle de l’abbaye, mais aussi à Naples, à Pompéi, à Florence et à Milan ;

Expose en mai cinq œuvres au salon des Indépendants ;

Amorce en juin à Châteauneuf, pour l’église paroissiale, un décor peint qui ne sera jamais mis en place

1905 En février, séjourne trois jours dans une filiale du monastère de Beuron, le couvent de Maredsous près de Namur ;

Son père décède le 2 mai ;

Participe en mai par six tableaux au XXI salon des Indépendants ;

Accompagne Maurice Denis pour un séjour en août à Pont-Aven et au Pouldu

1906 Expose deux tableaux en mars au XXII° salon des Indépendants ;

En juin, s’installe à Châteauneuf-du-Faou dans la maison qu’il s’est fait bâtir à flanc de coteau, à la sortie est du bourg ;

Passe quelques jours en août à Perros-Guirec, dans la maison de Maurice Denis

1907 Mars-avril, six œuvres au XXIII° salon des Indépendants ;

Pierre Bonnard et Mithouard le visitent en août à Châteauneuf ;

se déplace à Munich en novembre pour y revoir J. Verkade et passe le temps de Noël à Beuron

1908 Cinq tableaux en mars-avril au XXIV° salon des Indépendants ;

Participe, par deux œuvres à l’exposition du Cercle de l’Art moderne en juin, à l’hôtel de ville du Havre ;

Voyage en Savoie à la fin de l’été ;

À Paris, commence à enseigner la théorie de l’art à l’académie Ranson, rue Henri-Monnier

1909 Grande exposition particulière – soixante-quatorze numéros – en janvier à la galerie Druet, rue Royale;

Présence au XXV° salon des Indépendants en mars-avril (deux tableaux) ;

Retour à Châteauneuf en avril

1910 En mai, quatre œuvres au XXVI Salon des Indépendants ;

Expose en septembre à l’école de Châteauneuf-du-Faou

1911 Présence à la réunion des Nabis organisée par Maurice Denis le 11 janvier dans l’atelier qu’il loue au Prieuré, en Saint-Germain-en-Laye ;

Immobilisé de mai à novembre à Châteauneuf-du-Faou, par une fracture du pied, est en proie à une grave dépression morale ;

XXVII° salon des Indépendants (trois œuvres) de fin avril à la mi-juin et présence (deux tableaux) à l’Exposition internationale de l’Art chrétien moderne qu’organise, en novembre-décembre, la société Saint-Jean au pavillon de Marsan du Louvre

1912 Épouse à Paris l’une de ses élèves de l’académie Ranson, Marguerite-Gabriel Claude (mariage civil le 22 février à la mairie du VI° arr. et religieux le 23 à l’église Saint-Sulpice) ; voyage de noces à Florence en février-mars ;

en avril, le couple s’installe au n°4 avenue de Tourville ;

Expose trois tableaux au XXVIII° salon des Indépendants en mars- avril puis participe, par cinq œuvres, à une exposition en novembre-décembre à la galerie Druet

1913 Expose à Munich fin février ;

Durant l’été, grande tristesse du couple car Marguerite accouche d’un enfant mort-né ;

Décore, de mars à novembre, le vestibule de sa maison bretonne de motifs géométriques, de signes du zodiaque, de peintures murales à la tempéra, et orne les murs de grandes toiles marouflées à sujets symbolistes ;

Expose trois œuvres au XXIX salon des Indépendants en mars-avril et dix à la galerie Druet en novembre

1914 Peint les murs du baptistère de l’église paroissiale de Châteauneuf-du-Faou

1915-1918 Vit isolé à Châteauneuf

1917 En septembre, visite Angers et sa collection de tapisseries avec sa femme ; Quitte son appartement de l’avenue de Tourville en novembre et ne conserve qu’un pied-à-terre parisien au n° 70 boulevard Edgar-Quinet

1919 En novembre, exposition particulière à la galerie Druet, rue Royale (quatre-vingt-quatre numéros)

1920 Participe par trois œuvres à l’Exposition internationale de l’Art chrétien moderne

1921 Début d’une longue maladie de son épouse Marguerite, contrainte à des séjours prolongés à l’hôpital de Morlaix ;

Parution, en mai, d’une fine plaquette, l’ABC de la peinture, un concentré longuement mûri des réflexions du peintre

1922 Participe à une exposition en février à la galerie Druet ;

Assiste le 22 avril au mariage d’Anne-Marie Denis, la fille de Maurice, et de Marcel Poncet dans la chapelle Saint-Louis du Prieuré, la propriété du peintre à Saint-Germain-en-Laye

1923 La galerie Druet expose quarante-huit œuvres de P. Sérusier en février

1924 Expose deux tableaux au salon des Tuileries, à la porte Maillot

1925 Présente une œuvre au salon des Tuileries

1926 Passe l’année entière à Châteauneuf-du-Faou

1927 6 octobre : décès brutal du peintre qui s’effondre, frappé par une crise cardiaque, dans une rue de Morlaix où il allait visiter sa femme hospitalisée ; l’artiste est inhumé au cimetière Saint-Charles où son buste par G. Lacombe couronne la stèle que dessina M. Denis

1950 Mort de sa veuve, Marguerite qui, peintre et disciple, se dépensa opiniâtrement pour maintenir, en dépit des obstacles, le souvenir et l’œuvre du maître nabi qu’elle vénéra de façon croissante au fil des années.